Quand la Thaïlande se déguste au fil des vergers
Les mangues d’Amphawa
Il y a des endroits en Thaïlande que l’on découvre avec un appareil photo.
Et puis il y en a d’autres que l’on découvre avec le nez, les oreilles et surtout… avec le goût.
Amphawa, dans la province de Samut Songkhram, appartient sans aucun doute à la seconde catégorie.
On y vient souvent pour son célèbre marché flottant, pour ses petites maisons en bois alignées le long des canaux, pour les barques qui glissent doucement sur l’eau au coucher du soleil ou pour les lucioles que l’on peut apercevoir le soir.
Mais il existe une autre Amphawa.
Une Amphawa plus discrète, plus rurale, presque secrète.
Celle des jardins fruitiers.
Et parmi les arbres qui composent ces paysages, il y a les manguiers.
À première vue, une mangue reste une mangue. Pourtant, lorsque vous la dégustez au cœur d’un verger, après avoir traversé un petit canal et marché quelques minutes sous une chaleur humide, elle n’a plus tout à fait le même goût.
Parce qu’on ne mange plus simplement un fruit.
On goûte un morceau de paysage.
Amphawa, bien plus qu’un marché flottant
Pour beaucoup de visiteurs étrangers, le nom d’Amphawa évoque immédiatement son marché flottant.
C’est compréhensible.
Le week-end, les quais s’animent. Les petites embarcations se croisent sur le canal. Les vendeurs installés dans leurs barques proposent des plats fumants, des fruits, des desserts, des boissons et toutes sortes de petites gourmandises thaïlandaises.
On marche, on s’arrête, on goûte.
Puis on repart.
Mais il suffit de s’éloigner un peu pour que le décor change.
Les boutiques disparaissent progressivement.
Les touristes sont moins nombreux.
Les maisons deviennent plus espacées.
Et les canaux reprennent leur place.
Derrière les habitations commencent les jardins.
C’est là que l’on découvre une autre histoire d’Amphawa.
Une histoire beaucoup plus ancienne que celle du tourisme.
Celle d’une terre agricole façonnée par l’eau.
Une terre où l’eau a toujours compté
La province de Samut Songkhram est traversée par la Mae Klong et par un réseau de petits canaux qui irriguent les campagnes.
Ici, l’eau n’est jamais très loin.
Elle accompagne les maisons, les cultures et les déplacements.
Pendant longtemps, les habitants ont organisé leur vie autour de ces voies d’eau. Les jardins fruitiers ont trouvé dans cet environnement humide des conditions favorables à leur développement.
Les manguiers font partie de cette histoire.
Des documents consacrés au patrimoine d’Amphawa rappellent d’ailleurs que les environs étaient autrefois particulièrement riches en manguiers et en vergers. Le paysage agricole traditionnel associait notamment manguiers, cocotiers et autres arbres fruitiers. (nced.onep.go.th)
Aujourd’hui encore, lorsque l’on quitte le centre d’Amphawa, il n’est pas rare de retrouver cette impression d’une Thaïlande où les arbres semblent avoir davantage de place que les voitures.
Et cela fait du bien.
Une mangue cueillie dans un jardin n’est pas une mangue comme les autres
Il faut essayer.
Une fois.
Simplement.
Prendre une mangue mûre, la couper en deux et planter son couteau dans cette chair jaune, tendre et parfumée.
Le jus commence presque immédiatement à couler.
On en a plein les doigts.
On sourit.
Et finalement, on se demande pourquoi on mange parfois les fruits avec autant de précautions.
À Amphawa, la mangue appelle plutôt la simplicité.
Un couteau.
Une assiette.
Et quelques minutes à l’ombre.
La chair peut être très douce, presque crémeuse, avec ce parfum caractéristique que l’on reconnaît immédiatement.
Mais ce qui marque le plus, c’est peut-être ce qui entoure le fruit.
Le bruit des insectes.
Le vent dans les feuilles.
Un moteur de bateau qui s’éloigne sur un canal.
Un chien qui dort devant une maison.
Une vieille dame qui revient du jardin avec un panier.
C’est cela aussi, le goût d’Amphawa.
Les mangues dans une région où les fruits racontent les saisons
La mangue n’est pas seule dans les vergers de Samut Songkhram.
La région est également réputée pour ses litchis, ses pomelos, ses cocotiers et de nombreux autres fruits tropicaux. Les jardins fruitiers constituent une composante importante du paysage agricole local. (nced.onep.go.th)
Et c’est probablement l’un des aspects les plus intéressants pour un voyageur.
Ici, on comprend que les fruits ont une saison.
Ils apparaissent.
Disparaissent.
Reviennent quelques mois plus tard.
Les marchés changent avec eux.
Les habitudes alimentaires aussi.
Pour quelqu’un qui arrive de France, où l’on peut trouver presque toute l’année les mêmes fruits dans les supermarchés, cette relation avec les saisons est assez dépaysante.
En Thaïlande, il suffit parfois de regarder les étals pour savoir que quelque chose a changé.
À Amphawa, le marché raconte ce qui pousse autour
C’est particulièrement visible dans les marchés flottants.
Le marché flottant de Tha Kha, par exemple, offre une expérience plus tranquille que les marchés les plus fréquentés de Thaïlande.
Les producteurs y viennent vendre une partie de leurs récoltes directement depuis leurs petites embarcations.
Pas de grande mise en scène.
Des fruits, des légumes, des produits locaux.
Et surtout cette relation directe entre celui qui cultive et celui qui achète. La Tourism Authority of Thailand cite parmi les productions locales de Samut Songkhram le pomelo, la noix de coco, la goyave et plusieurs autres fruits et produits agricoles. (tourismthailand.org)
C’est peut-être cela que l’on apprécie le plus.
On ne regarde pas seulement la nourriture.
On voit d’où elle vient.
La mangue thaïlandaise, une histoire de maturité
La Thaïlande possède une véritable culture de la mangue.
On la mange verte ou mûre, selon les variétés et les envies.
Lorsqu’elle est encore verte, elle reste ferme et croquante. Son goût peut être acidulé et elle accompagne volontiers des préparations relevées ou salées.
Lorsqu’elle mûrit, tout change.
La chair devient souple.
Le parfum se développe.
Le sucre prend le dessus.
Et là, impossible de ne pas penser au fameux mango sticky rice, le célèbre dessert thaïlandais associant mangue mûre, riz gluant et lait de coco.
Mais il y a quelque chose d’encore plus simple que ce dessert.
Manger la mangue telle quelle.
Sans rien ajouter.
C’est souvent ainsi que l’on comprend vraiment un fruit.
Et si l’on allait voir le verger ?
C’est une question que les voyageurs devraient davantage se poser.
Après avoir photographié les marchés flottants, pourquoi ne pas aller voir ce qui pousse derrière eux ?
Certaines exploitations agricoles et initiatives d’agrotourisme de la région ouvrent leurs portes aux visiteurs, selon les périodes et les conditions locales.
On peut alors découvrir les jardins, observer les arbres fruitiers et comprendre un peu mieux le travail nécessaire avant qu’un fruit arrive sur un marché.
Ce n’est pas spectaculaire.
Et c’est justement ce qui rend l’expérience intéressante.
Un verger ne ressemble pas à un parc d’attractions.
Il n’y a pas de musique.
Pas de panneau lumineux.
Pas de grand décor.
Il y a des arbres.
Des fruits.
De la terre.
Et des gens qui travaillent.
Le projet Amphawa-Chaipattananurak s’inscrit notamment dans cette volonté de préserver et de transmettre les savoir-faire agricoles et le mode de vie traditionnel de la communauté. Le site permet également d’observer certains aspects de l’agriculture locale. (tourismthailand.org)
Une autre façon de voyager en Thaïlande
Ce genre d’expérience peut sembler très simple.
Pourtant, elle change la manière dont on regarde une destination.
Après avoir passé quelques heures dans un verger, on ne voit plus forcément un marché de la même façon.
Derrière chaque fruit vendu sur un étal, il y a un arbre.
Derrière l’arbre, il y a un jardin.
Derrière le jardin, il y a une famille.
Et derrière cette famille, il y a souvent plusieurs générations de savoir-faire.
C’est ce lien que le tourisme rural permet de retrouver.
Et Amphawa s’y prête particulièrement bien.
Une journée entre Bangkok et les vergers d’Amphawa
Pour les voyageurs séjournant à Bangkok, Samut Songkhram est une destination facile à intégrer dans un itinéraire.
On peut partir le matin.
Quitter progressivement l’immensité de Bangkok.
Puis voir les immeubles disparaître.
Les routes deviennent plus petites.
Les maisons changent.
Les canaux apparaissent.
Et soudain, la campagne commence.
Une journée à Amphawa peut alors prendre une tout autre dimension.
On peut commencer par découvrir un marché local.
Poursuivre par une promenade en bateau.
S’arrêter dans un jardin fruitier.
Goûter une mangue.
Prendre un café sous une maison en bois.
Puis rejoindre Amphawa en fin d’après-midi.
Le soleil descend lentement.
Les températures deviennent plus agréables.
Le marché commence à s’animer.
Et les odeurs de cuisine envahissent progressivement les quais.
Quand le jour laisse place aux lucioles
Amphawa possède un autre petit miracle.
La nuit.
Lorsque les bateaux quittent progressivement les quais et que les lumières des maisons se reflètent sur les canaux, certaines excursions permettent de partir à la recherche des lucioles.
Elles apparaissent dans les arbres, près de l’eau, comme de minuscules points lumineux.
La période de mai à octobre est généralement considérée comme favorable à leur observation. (samutsongkhram.prd.go.th)
Et là, le contraste est assez saisissant.
Quelques heures auparavant, on était dans un verger à manger une mangue.
Maintenant, on glisse silencieusement sur un canal.
On parle moins fort.
On regarde les arbres.
On attend.
Puis une première lumière apparaît.
Une deuxième.
Puis une troisième.
Amphawa semble soudain avoir ralenti encore davantage.
Pourquoi les mangues d’Amphawa méritent-elles le détour ?
Parce qu’elles permettent de découvrir quelque chose que l’on oublie parfois lorsqu’on voyage.
Un territoire ne se résume jamais à ses monuments.
Ni à ses plages.
Ni à ses hôtels.
Il possède aussi des goûts, des odeurs et des habitudes.
La mangue est l’une des petites portes d’entrée vers cette réalité.
Elle permet de comprendre les jardins d’Amphawa.
Les jardins permettent de comprendre les canaux.
Les canaux permettent de comprendre l’agriculture.
Et l’agriculture permet de comprendre un peu mieux la vie locale.
Tout est lié.
C’est cela qui rend le voyage intéressant.
Amphawa, une Thaïlande qui prend son temps
Il existe aujourd’hui une Thaïlande très rapide.
Bangkok ne dort presque jamais.
Les avions arrivent sans interruption.
Les grands centres commerciaux brillent jusque tard dans la nuit.
Les stations balnéaires accueillent chaque année des visiteurs du monde entier.
Mais à une courte distance de la capitale, il existe encore une Thaïlande beaucoup plus lente.
Une Thaïlande où l’on se déplace sur l’eau.
Où les fruits poussent derrière les maisons.
Où les marchés commencent lorsque la chaleur baisse.
Où les cultivateurs connaissent leurs arbres.
Et où une mangue peut devenir le souvenir le plus simple d’une journée de voyage.
C’est peut-être cela, finalement, que l’on recherche lorsque l’on vient en Thaïlande.
Pas forcément quelque chose d’extraordinaire.
Parfois simplement un moment vrai.
Une conversation.
Un sourire.
Une barque.
Un fruit.
Une odeur.
Une lumière.
Et cette sensation étrange de s’être, pendant quelques heures, glissé dans une vie qui n’est pas la nôtre.
Les mangues d’Amphawa : un petit goût de Thaïlande authentique
Il serait exagéré de présenter Amphawa uniquement comme « la destination des mangues ».
Ce serait passer à côté de l’essentiel.
La mangue appartient à une histoire beaucoup plus large : celle des vergers de Samut Songkhram, de la Mae Klong, des canaux et d’une agriculture traditionnelle qui continue de donner son caractère à la région.
Mais c’est justement ce qui rend la découverte intéressante.
La mangue n’a pas besoin d’être une attraction.
Elle pousse simplement là où elle a toujours poussé.
Et lorsque le voyageur prend le temps de la goûter dans son environnement naturel, il découvre quelque chose de plus précieux qu’un simple produit local.
Il découvre une atmosphère.
Alors, si votre prochain voyage vous conduit à Bangkok, accordez-vous une journée pour prendre la route d’Amphawa.
Allez voir les marchés.
Prenez une petite barque.
Quittez les rues touristiques.
Cherchez les jardins.
Et si quelqu’un vous propose une mangue mûre, fraîchement cueillie…
Ne cherchez pas à savoir si c’est la meilleure mangue de Thaïlande.
Goûtez-la simplement.
Vous verrez.
Parfois, un voyage tient dans une bouchée.
FAQ – Mangues, vergers et gastronomie à Amphawa
Où se trouve Amphawa ?
Amphawa se trouve dans la province de Samut Songkhram, dans le centre de la Thaïlande, au sud-ouest de Bangkok. La région est connue pour ses canaux, ses vergers, son patrimoine traditionnel et son marché flottant.
Pourquoi les mangues sont-elles associées à Amphawa ?
Les manguiers font historiquement partie du paysage agricole d’Amphawa. Des sources patrimoniales locales évoquent notamment l’importance ancienne des manguiers dans les jardins de la région. (nced.onep.go.th)
Peut-on acheter des mangues à Amphawa ?
Oui. Les marchés locaux proposent des fruits selon les saisons. Pour une expérience plus authentique, les marchés ruraux et les communautés agricoles des environs permettent parfois d’acheter directement auprès des producteurs.
Quels autres fruits trouve-t-on à Amphawa ?
Les environs de Samut Songkhram produisent notamment du litchi, du pomelo, de la noix de coco, de la goyave et différents fruits tropicaux. (nced.onep.go.th)
Peut-on visiter un verger à Amphawa ?
Oui, certaines exploitations et initiatives d’agrotourisme accueillent des visiteurs. Les possibilités dépendent cependant de la saison et de chaque exploitation. Il est préférable de se renseigner avant la visite.
Peut-on découvrir Amphawa en une journée depuis Bangkok ?
Oui. Amphawa et Samut Songkhram se prêtent bien à une excursion depuis Bangkok. Pour profiter davantage des marchés, des jardins et de l’ambiance nocturne, une nuit sur place peut toutefois être plus agréable.
Quel marché visiter autour d’Amphawa ?
Le marché flottant d’Amphawa est le plus connu, mais le marché flottant de Tha Kha offre une atmosphère plus rurale et permet de mieux observer le lien entre les producteurs, les canaux et les marchés locaux. (tourismthailand.org)
Que goûter à Amphawa ?
Les fruits frais sont incontournables, notamment lorsqu’ils sont en saison. On peut également goûter au mango sticky rice, aux produits à base de noix de coco, aux spécialités de fruits de mer et aux nombreux plats préparés dans les marchés locaux.
Quelle est la meilleure saison pour découvrir les fruits d’Amphawa ?
Il n’existe pas une seule saison idéale pour tous les fruits, car chaque variété possède son propre calendrier de récolte. Il est préférable de vérifier les productions disponibles au moment du voyage.
Que faire le soir à Amphawa ?
Après le marché, une promenade nocturne en bateau permet notamment de découvrir les canaux et, lorsque les conditions sont favorables, d’observer les lucioles dans les arbres. La période de mai à octobre est généralement propice à cette expérience. (samutsongkhram.prd.go.th)
Pourquoi intégrer Amphawa dans un voyage en Thaïlande ?
Parce qu’Amphawa permet de découvrir une facette plus rurale et traditionnelle du pays, loin des grandes stations balnéaires. Ses canaux, ses marchés, ses vergers et sa gastronomie offrent une expérience complémentaire à Bangkok.


