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Bangkok Airways : comment la compagnie thaïlandaise fait de l’aviation durable une exigence au quotidien

Carburant d’aviation durable (SAF), aéroports écologiques, recyclage, économie circulaire, restauration locale… Bangkok Airways multiplie les initiatives pour réduire son empreinte carbone tout en préservant l’expérience premium qui fait sa réputation. Propriétaire notamment de l’aéroport de Koh Samui, la compagnie thaïlandaise démontre qu’il est possible de conjuguer développement touristique, innovation environnementale et qualité de service.

Bangkok Airways, pionnière d’une aviation régionale plus responsable

Depuis plusieurs années, le transport aérien est confronté à un défi majeur : réduire significativement ses émissions de CO₂ sans compromettre la croissance du trafic aérien. Face à cet enjeu mondial, certaines compagnies choisissent d’attendre l’arrivée des futurs avions à hydrogène ou électriques. D’autres préfèrent agir immédiatement.

C’est précisément la stratégie adoptée par Bangkok Airways.

Fondée en 1968, la compagnie privée thaïlandaise s’est forgée une réputation singulière en Asie. Souvent qualifiée de « Boutique Airline », elle mise davantage sur la qualité de l’expérience passager que sur la recherche du volume. Son réseau dessert principalement les destinations touristiques les plus prisées de Thaïlande ainsi que plusieurs villes d’Asie du Sud-Est.

Cette philosophie se retrouve aujourd’hui dans sa politique environnementale.

Plutôt que de limiter son action aux seules opérations aériennes, Bangkok Airways a décidé d’intégrer le développement durable à l’ensemble de son écosystème : infrastructures aéroportuaires, exploitation des vols, restauration, gestion des déchets, consommation énergétique et économie circulaire.

Cette approche globale s’incarne dans un vaste programme baptisé « Low Carbon Skies by Bangkok Airways », qui constitue désormais la feuille de route environnementale de la compagnie.

Koh Samui : un aéroport pensé en harmonie avec son environnement

L’aéroport de Koh Samui constitue probablement le meilleur exemple de cette philosophie.

Contrairement aux grands hubs internationaux construits autour d’immenses terminaux climatisés, Bangkok Airways a fait un choix radicalement différent lors de sa conception.

Dès leur arrivée, les voyageurs découvrent des jardins tropicaux, des bâtiments ouverts sur l’extérieur, des toitures traditionnelles en matériaux naturels et une architecture qui privilégie la ventilation naturelle.

L’expérience ressemble davantage à l’arrivée dans un complexe hôtelier haut de gamme qu’à un terminal aérien classique.

Ce parti pris architectural ne répond pas uniquement à des considérations esthétiques.

En limitant le recours massif à la climatisation, l’aéroport réduit naturellement sa consommation énergétique. L’abondance d’espaces végétalisés participe également au confort thermique tout en s’intégrant parfaitement au paysage insulaire.

Cette conception fait aujourd’hui figure de référence dans la stratégie Green Airport développée par Bangkok Airways.

Trois aéroports engagés dans une même démarche environnementale

Le programme Green Airport ne concerne pas uniquement Koh Samui.

La compagnie applique progressivement les mêmes principes sur les deux autres plateformes dont elle est propriétaire ou exploitante : Sukhothai et Trat.

Plusieurs axes structurent cette politique :

  • utilisation de matériaux de construction durables ;
  • développement des espaces verts ;
  • généralisation de l’éclairage LED à faible consommation ;
  • installation de bornes de recharge pour véhicules électriques ;
  • utilisation de fluides frigorigènes à faible potentiel de réchauffement climatique ;
  • amélioration permanente de l’efficacité énergétique des bâtiments ;
  • récupération et recyclage des eaux destinées à l’arrosage des espaces paysagers.

Cette stratégie démontre qu’un aéroport régional peut limiter son impact environnemental sans sacrifier le confort des passagers.

À l’heure où le tourisme durable devient un critère de choix pour une clientèle internationale toujours plus sensible aux questions climatiques, ces investissements constituent également un avantage concurrentiel.

Le SAF, une priorité pour réduire les émissions des vols

Si les infrastructures jouent un rôle important, le cœur des émissions reste naturellement l’exploitation aérienne.

Bangkok Airways participe ainsi au développement du Sustainable Aviation Fuel (SAF), considéré aujourd’hui comme le principal levier de décarbonation de l’aviation avant l’arrivée des nouvelles générations d’avions.

La compagnie a lancé, avec son partenaire PTT Oil and Retail Business, plusieurs vols pilotes utilisant du carburant d’aviation durable sur la liaison reliant Bangkok à Koh Samui.

Le SAF présente un avantage majeur.

Compatible avec les moteurs actuels, il peut être utilisé sans modification profonde des appareils tout en permettant de réduire significativement les émissions de CO₂ sur l’ensemble de son cycle de vie.

Selon Bangkok Airways, chaque vol expérimental utilisant du SAF permettrait d’éviter environ 1 346 kilogrammes d’émissions de CO₂.

Même si ces volumes restent encore modestes à l’échelle mondiale, ils illustrent une tendance de fond qui concerne désormais l’ensemble de l’industrie aéronautique.

Des économies de carburant au quotidien

Au-delà du recours au SAF, Bangkok Airways travaille également sur l’optimisation de ses opérations.

Chaque kilogramme économisé à bord d’un avion permet de réduire la consommation de carburant.

La compagnie met ainsi en œuvre différentes mesures opérationnelles :

  • optimisation des plans de vol ;
  • réduction du poids embarqué ;
  • amélioration des procédures de roulage ;
  • optimisation de l’utilisation des groupes auxiliaires de puissance ;
  • modernisation progressive des équipements au sol.

Ces actions, peu visibles pour les passagers, produisent néanmoins des résultats concrets.

Selon les chiffres communiqués par Bangkok Airways, ces mesures ont permis d’éviter 11 321 tonnes d’émissions de CO₂ en 2023.

Une feuille de route ambitieuse vers la neutralité carbone

Comme une grande partie du secteur aérien mondial, Bangkok Airways s’inscrit désormais dans l’objectif collectif de neutralité carbone à l’horizon 2050.

Cette ambition dépasse largement les seules émissions liées aux vols.

Elle englobe également :

  • les infrastructures aéroportuaires ;
  • les activités de maintenance ;
  • les services au sol ;
  • la restauration ;
  • la gestion des déchets ;
  • les achats responsables ;
  • la consommation d’énergie.

L’objectif affiché est également d’atteindre le zéro déchet envoyé en décharge d’ici 2050, une ambition qui implique une transformation profonde des méthodes de travail.

Pour y parvenir, la compagnie mise sur une logique d’amélioration continue plutôt que sur des annonces spectaculaires.

Chaque activité est progressivement analysée afin d’identifier les possibilités de réduction des émissions ou de valorisation des déchets.

Cette approche pragmatique constitue aujourd’hui l’une des caractéristiques du programme environnemental de Bangkok Airways.

Quand l’économie circulaire devient un levier environnemental

L’une des originalités de Bangkok Airways réside dans le développement de nombreux projets d’économie circulaire.

L’objectif n’est plus seulement de recycler.

Il s’agit désormais de transformer les déchets en nouvelles ressources.

En 2025, plus de 448 000 bouteilles d’eau sans étiquette distribuées aux passagers ont été récupérées afin d’être transformées en fibres plastiques recyclées.

Cette suppression des étiquettes facilite le recyclage tout en réduisant les opérations de tri.

La compagnie est allée plus loin en donnant une seconde vie à plusieurs équipements utilisés quotidiennement.

Les anciens uniformes du personnel, associés aux bouteilles plastiques recyclées, sont transformés en couvertures distribuées à des établissements scolaires et à différentes communautés locales.

Les bouteilles PET collectées dans les avions et dans les salons d’aéroport deviennent quant à elles des polos et des cordons porte-badge destinés aux collaborateurs de la compagnie.

Ces initiatives illustrent une évolution importante dans le secteur aérien : les déchets ne sont plus uniquement considérés comme un coût de traitement, mais comme une ressource susceptible d’être réutilisée dans une logique d’économie circulaire.

Une restauration plus responsable grâce aux circuits courts

L’engagement environnemental de Bangkok Airways ne s’arrête pas aux pistes ni aux terminaux. La compagnie a également entrepris de repenser sa restauration à bord et dans ses salons d’aéroport en privilégiant une approche plus durable.

À travers sa filiale Bangkok Air Catering, elle met progressivement en avant des produits issus de l’agriculture locale, des ingrédients biologiques et des recettes inspirées de la gastronomie thaïlandaise.

L’objectif est double.

Réduire l’empreinte carbone liée au transport des denrées alimentaires tout en soutenant les producteurs locaux.

Une partie des produits provient notamment de la ferme associée à l’aéroport de Sukhothai, où sont cultivés fruits, légumes et herbes aromatiques destinés à alimenter les cuisines de la compagnie.

Cette démarche illustre parfaitement une tendance de fond dans le transport aérien : le développement durable ne concerne plus uniquement les avions, mais l’ensemble de la chaîne de valeur.

Le choix des fournisseurs, les emballages, la réduction du gaspillage alimentaire ou encore la valorisation des déchets organiques deviennent désormais des critères aussi importants que la qualité des repas servis aux passagers.

L’aéroport de Sukhothai, vitrine du développement durable

Autre illustration de cette stratégie, l’aéroport de Sukhothai poursuit depuis plusieurs années une politique environnementale particulièrement active.

En 2025, la plateforme a reçu la distinction « Excellent » dans le cadre du suivi des études d’impact environnemental (Environmental Impact Assessment – EIA), une reconnaissance qui récompense les efforts engagés pour préserver les écosystèmes locaux et limiter les impacts liés à l’exploitation aéroportuaire.

Cette récompense ne constitue pas une simple opération de communication.

Elle témoigne de la volonté de Bangkok Airways d’intégrer durablement ses infrastructures dans leur environnement naturel, tout en accompagnant le développement touristique de la région.

À l’heure où de nombreuses destinations cherchent à concilier croissance touristique et préservation de leur patrimoine naturel, l’exemple de Sukhothai démontre qu’un aéroport régional peut devenir un acteur du développement durable plutôt qu’une simple infrastructure de transport.

Le propriétaire de Koh Samui assume pleinement son rôle

Bangkok Airways occupe une position unique dans le paysage aérien asiatique.

Contrairement à la majorité des compagnies aériennes, elle est également propriétaire de plusieurs infrastructures aéroportuaires, dont le célèbre aéroport de Koh Samui.

Cette particularité lui permet d’agir simultanément sur plusieurs leviers.

La compagnie maîtrise aussi bien l’expérience passager que l’exploitation des terminaux, les investissements environnementaux, les services au sol ou encore l’aménagement paysager.

Cette intégration verticale facilite le déploiement de politiques cohérentes en matière de réduction des émissions.

Elle offre également une plus grande liberté pour expérimenter de nouvelles solutions environnementales sans dépendre exclusivement des autorités aéroportuaires.

Une vision qui dépasse la simple réduction du carbone

L’un des points forts de la stratégie de Bangkok Airways réside dans son approche globale.

L’entreprise ne limite pas son discours à la seule réduction des émissions de CO₂.

Elle intègre également plusieurs dimensions essentielles du développement durable :

  • la préservation de la biodiversité ;
  • la gestion raisonnée des ressources en eau ;
  • la réduction des déchets ;
  • l’économie circulaire ;
  • le soutien aux communautés locales ;
  • la promotion des produits régionaux ;
  • l’amélioration continue de l’efficacité énergétique.

Cette approche correspond aux nouveaux critères ESG (Environnement, Social et Gouvernance) qui s’imposent progressivement dans l’industrie aéronautique mondiale.

Les investisseurs, les autorités publiques mais aussi les voyageurs accordent désormais une importance croissante à ces engagements.

Le SAF reste indispensable, mais ne constitue pas une solution miracle

Si Bangkok Airways mise sur le carburant d’aviation durable, la compagnie sait également que cette technologie ne permettra pas, à elle seule, de décarboner totalement le transport aérien.

Aujourd’hui, la production mondiale de SAF demeure encore limitée et son coût reste nettement supérieur à celui du kérosène conventionnel.

Son développement dépendra de plusieurs facteurs :

  • l’augmentation des capacités de production ;
  • les investissements industriels ;
  • les politiques publiques ;
  • les mécanismes d’incitation financière ;
  • la disponibilité des matières premières durables.

À court et moyen terme, la transition écologique du secteur reposera donc sur une combinaison de solutions : carburants durables, optimisation des opérations aériennes, modernisation des flottes, amélioration de la gestion du trafic aérien et réduction des consommations énergétiques au sol.

Bangkok Airways semble avoir intégré cette réalité en privilégiant une stratégie progressive, fondée sur des actions concrètes plutôt que sur des promesses difficilement réalisables.

Le tourisme durable devient un avantage concurrentiel

La Thaïlande accueille chaque année plusieurs dizaines de millions de visiteurs internationaux.

Dans ce contexte, la qualité environnementale des infrastructures touristiques devient un élément différenciant.

Les voyageurs, notamment européens, sont de plus en plus attentifs aux engagements environnementaux des compagnies aériennes qu’ils choisissent.

Cette évolution influence désormais les décisions d’achat, au même titre que le prix du billet ou la qualité du service.

En proposant une expérience où l’architecture, la nature, la culture locale et la réduction de l’empreinte environnementale se complètent, Bangkok Airways renforce son positionnement de compagnie « boutique ».

L’aéroport de Koh Samui en est probablement la meilleure illustration.

Bien avant d’atteindre la plage ou leur hôtel, les visiteurs découvrent un terminal qui reflète déjà l’identité de leur destination.

Cette immersion immédiate participe pleinement à l’expérience touristique tout en démontrant qu’une infrastructure aéroportuaire peut être accueillante sans être énergivore.

Une référence pour les compagnies régionales ?

À l’échelle mondiale, Bangkok Airways ne rivalise évidemment pas avec les grands groupes internationaux en nombre de passagers.

En revanche, son modèle pourrait inspirer de nombreuses compagnies régionales.

Son approche montre qu’il est possible d’agir sur plusieurs fronts simultanément :

  • améliorer les infrastructures ;
  • optimiser les opérations aériennes ;
  • développer le recours au SAF ;
  • réduire les déchets ;
  • favoriser le recyclage ;
  • soutenir l’agriculture locale ;
  • préserver l’identité culturelle des destinations desservies.

Autant d’actions qui, mises bout à bout, contribuent à réduire progressivement l’empreinte environnementale du transport aérien.

Conclusion

À travers son programme « Low Carbon Skies », Bangkok Airways démontre que la transition écologique ne se limite pas au remplacement du kérosène par des carburants alternatifs.

L’entreprise développe une stratégie beaucoup plus large, intégrant ses aéroports, ses services au sol, sa restauration, son fonctionnement interne et ses relations avec les territoires qu’elle dessert.

Les résultats déjà obtenus — plus de 11 321 tonnes de CO₂ évitées en une année grâce aux mesures d’efficacité opérationnelle, des essais concluants de carburant d’aviation durable, une politique ambitieuse de recyclage et des investissements continus dans ses infrastructures — témoignent d’une volonté de transformer durablement son modèle.

Dans un secteur confronté à une pression croissante pour réduire son impact environnemental, Bangkok Airways illustre qu’une compagnie régionale peut devenir un laboratoire d’innovation. Son ambition est claire : prouver qu’une aviation plus respectueuse de l’environnement peut conserver ce qui fait aussi le succès du voyage aérien, le confort, l’hospitalité et l’émotion du départ.


FAQ – Bangkok Airways et son engagement environnemental

Bangkok Airways utilise-t-elle du carburant d’aviation durable (SAF) ?

Oui. La compagnie expérimente l’utilisation du Sustainable Aviation Fuel (SAF) sur certaines liaisons, notamment entre Bangkok et Koh Samui, en partenariat avec PTT Oil and Retail Business.

Quel est l’objectif climatique de Bangkok Airways ?

La compagnie vise la neutralité carbone (Net Zero) d’ici 2050, conformément aux ambitions de l’industrie aéronautique internationale.

Pourquoi l’aéroport de Koh Samui est-il considéré comme écologique ?

Son architecture ouverte favorise la ventilation naturelle, réduit les besoins en climatisation et s’intègre harmonieusement à son environnement grâce à l’utilisation de matériaux naturels et à d’importants espaces paysagers.

Bangkok Airways est-elle propriétaire de l’aéroport de Koh Samui ?

Oui. La compagnie est propriétaire de plusieurs aéroports en Thaïlande, dont ceux de Koh Samui, Sukhothai et Trat.

Quelles actions de recyclage sont mises en œuvre ?

Bangkok Airways recycle les bouteilles plastiques, valorise les anciens uniformes, transforme les bouteilles PET en vêtements professionnels et développe plusieurs projets d’économie circulaire.

Comment la compagnie réduit-elle ses émissions de CO₂ ?

Grâce à l’optimisation de la consommation de carburant, à l’expérimentation du SAF, à l’amélioration de ses infrastructures et à une meilleure efficacité énergétique de ses aéroports.

Pourquoi Bangkok Airways privilégie-t-elle les produits locaux ?

Afin de réduire l’empreinte carbone liée au transport des denrées alimentaires, soutenir les producteurs thaïlandais et proposer une restauration plus authentique.

L’aéroport de Sukhothai a-t-il reçu une distinction environnementale ?

Oui. En 2025, il a obtenu le prix « Excellent » dans le cadre du suivi des études d’impact environnemental (EIA), récompensant ses bonnes pratiques.

Le modèle de Bangkok Airways peut-il inspirer d’autres compagnies ?

Oui. Son approche globale, combinant infrastructures, exploitation aérienne, économie circulaire et tourisme durable, constitue un exemple intéressant pour de nombreuses compagnies régionales.

L’aviation durable est-elle déjà une réalité ?

La transition est engagée. Si des défis subsistent, notamment concernant la disponibilité du SAF, de nombreuses compagnies comme Bangkok Airways démontrent que des progrès significatifs sont déjà possibles grâce à une combinaison d’innovations technologiques et de bonnes pratiques opérationnelles.

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