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Koh Samui : un terminal de croisière à 12 milliards de bahts un nouveau hub du tourisme maritime en Asie

Le gouvernement thaïlandais accélère un projet stratégique de 12,17 milliards de bahts destiné à accueillir jusqu’à 400 000 croisiéristes par an. Entre partenariat public-privé, développement du tourisme haut de gamme et ambitions régionales, Koh Samui pourrait devenir l’un des principaux ports de croisière d’Asie du Sud-Est à l’horizon 2032.

Le gouvernement thaïlandais franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de développement des infrastructures touristiques. Le ministère des Transports a officiellement fait progresser le projet de construction d’un terminal international de croisière sur l’île de Koh Samui, un investissement de 12,17 milliards de bahts (près de 320 millions d’euros) appelé à transformer durablement le paysage économique de l’une des destinations les plus prisées du royaume.

L’objectif est clair : positionner Koh Samui comme une escale incontournable des grandes compagnies de croisière internationales et renforcer la compétitivité de la Thaïlande sur un marché asiatique en pleine expansion.

Avec une capacité d’accueil estimée entre 200 000 et 400 000 passagers par an, près de 240 escales de paquebots chaque année et une concession d’exploitation de trente ans, ce projet dépasse largement le simple cadre d’une infrastructure portuaire. Il constitue un levier de croissance économique, un outil de diversification touristique et un investissement stratégique destiné à accroître les recettes générées par le tourisme international.

Un projet phare parmi les grands investissements publics thaïlandais

Le terminal de Koh Samui figure parmi les 262 grands projets d’infrastructures inscrits dans le programme d’investissements du ministère des Transports pour 2027. Au total, ces projets représentent un volume d’investissements de 229,76 milliards de bahts, illustrant la volonté des autorités de moderniser les infrastructures nationales afin d’accompagner la croissance économique et de renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers.

Pour Bangkok, le développement des infrastructures de transport constitue désormais un axe majeur de compétitivité. Routes, lignes ferroviaires, ports, aéroports et plateformes logistiques doivent permettre à la Thaïlande de consolider sa position de carrefour régional au sein de l’ASEAN.

Dans cette stratégie globale, le tourisme demeure l’un des principaux moteurs de croissance du pays. Avant la pandémie de Covid-19, le secteur représentait près de 20 % du produit intérieur brut. Depuis la réouverture des frontières, les autorités cherchent à attirer davantage de visiteurs à forte capacité de dépense plutôt que de privilégier uniquement les volumes.

Le tourisme de croisière répond parfaitement à cette logique.

Pourquoi Koh Samui ?

L’ile iconique du Golfe de Thaïlande du sud  bénéficie depuis plusieurs décennies d’une réputation internationale grâce à ses plages, ses complexes hôteliers haut de gamme et son offre touristique diversifiée.

Chaque année, l’île accueille plusieurs millions de visiteurs, principalement en provenance d’Europe, d’Australie, de Chine et d’Amérique du Nord.

Cependant, malgré sa popularité, Koh Samui souffre d’une faiblesse structurelle : elle ne dispose pas d’un véritable terminal capable de recevoir les grands paquebots modernes.

Aujourd’hui, les navires de croisière doivent mouiller au large avant de transférer leurs passagers vers l’île au moyen d’embarcations plus petites. Cette organisation limite les capacités d’accueil, augmente les coûts logistiques et réduit l’attractivité de la destination auprès des grandes compagnies internationales.

Le futur terminal permettra de mettre fin à cette contrainte en offrant un quai spécialement conçu pour accueillir les navires de dernière génération.

Cette évolution pourrait modifier profondément la carte des itinéraires de croisière en Asie.

Une infrastructure adaptée aux géants des mers

Le futur terminal sera construit sur une superficie de 47 rai, soit environ 7,5 hectares, comprenant :

  • 15 rai de terrains terrestres ;
  • 32 rai d’aménagements maritimes.

Le projet est supervisé par le Département thaïlandais de la Marine, qui souhaite créer une infrastructure répondant aux standards internationaux.

Le terminal comprendra notamment :

  • un quai destiné aux grands paquebots internationaux ;
  • des installations modernes d’accueil des passagers ;
  • des systèmes de contrôle douanier et d’immigration ;
  • des équipements de sécurité conformes aux normes internationales ;
  • des zones logistiques destinées aux opérations portuaires ;
  • des infrastructures de soutien pour les compagnies de croisière.

L’objectif est de réduire les temps d’escale tout en améliorant l’expérience des passagers.

Les autorités souhaitent également intégrer des technologies numériques afin de fluidifier les procédures d’embarquement, de débarquement et de contrôle des voyageurs.

Un investissement essentiellement porté par le secteur privé

L’un des aspects les plus remarquables du projet réside dans son mode de financement.

Plutôt que de mobiliser massivement les finances publiques, le gouvernement a retenu un modèle de partenariat public-privé (PPP) selon le principe du Net Cost.

Dans ce schéma, le partenaire privé finance la quasi-totalité du projet, construit les infrastructures, exploite le terminal et assure sa maintenance pendant toute la durée de la concession.

L’État rembourse progressivement les investissements liés aux infrastructures sur une période de dix ans.

Selon les estimations officielles, la répartition des financements s’établit comme suit :

  • 148,58 millions de bahts d’investissement public ;
  • 12,02 milliards de bahts d’investissements privés.

L’investissement privé comprend environ :

  • 6,27 milliards de bahts consacrés aux travaux de construction et aux équipements ;
  • 5,75 milliards de bahts destinés aux systèmes techniques, à l’exploitation et à la maintenance pendant trente ans.

Ce modèle permet au gouvernement de limiter son effort budgétaire tout en attirant des opérateurs internationaux spécialisés dans la gestion portuaire et les infrastructures maritimes.

Pour les investisseurs, le projet offre une visibilité de long terme grâce à une concession d’exploitation de trente ans, susceptible de générer des revenus réguliers issus des redevances portuaires, des services aux compagnies de croisière et des activités commerciales développées autour du terminal.

Une ambition qui dépasse le seul tourisme

Au-delà de l’accueil des croisiéristes, le projet s’inscrit dans une stratégie plus vaste visant à renforcer la place de la Thaïlande dans l’économie maritime asiatique.

Les autorités considèrent que le développement des infrastructures portuaires constitue un levier de compétitivité face aux autres destinations régionales, notamment Singapour, la Malaisie, le Vietnam et l’Indonésie, qui investissent eux aussi massivement dans les terminaux de croisière.

Pour Bangkok, l’enjeu consiste à capter une part croissante des flux de touristes internationaux tout en stimulant les investissements privés, la création d’emplois et les retombées économiques locales.

Le futur terminal de Koh Samui pourrait ainsi devenir un catalyseur de développement pour l’ensemble de la province de Surat Thani, en favorisant l’essor des activités liées au transport maritime, à l’hôtellerie, à la restauration, au commerce et aux excursions touristiques.

Un calendrier ambitieux avec une mise en service prévue en 2032

Si le projet est désormais bien engagé sur le plan administratif, plusieurs étapes restent à franchir avant que les premiers paquebots puissent accoster directement à Koh Samui.

Le dossier est actuellement examiné par le ministère thaïlandais des Transports, qui doit donner son approbation de principe avant sa transmission au Conseil des ministres. En parallèle, les différentes autorisations foncières et environnementales sont en cours d’instruction, notamment celles relevant du Département royal des Forêts et des administrations chargées de la gestion du domaine maritime.

Selon le calendrier prévisionnel communiqué par les autorités, l’approbation gouvernementale devrait intervenir au cours de l’année 2027. Le lancement de l’appel d’offres international est attendu en 2028 afin de sélectionner le consortium privé chargé de financer, construire et exploiter les infrastructures.

La construction pourrait démarrer rapidement après l’attribution du contrat, avec une mise en service commerciale programmée à l’horizon 2032.

Pour les investisseurs institutionnels comme pour les grands opérateurs portuaires internationaux, ce calendrier offre une visibilité appréciable. La concession de trente ans permettra d’amortir les investissements lourds tout en bénéficiant d’une montée progressive de la fréquentation touristique.

Une réponse à la forte croissance du tourisme de croisière en Asie

Le projet intervient alors que le marché asiatique des croisières retrouve progressivement son dynamisme après plusieurs années de ralentissement liées à la pandémie.

Selon les grandes compagnies du secteur, la région Asie-Pacifique constitue désormais l’un des principaux relais de croissance de l’industrie mondiale des croisières.

L’augmentation du niveau de vie dans plusieurs économies asiatiques, le développement des classes moyennes, l’amélioration des infrastructures portuaires et la diversification des itinéraires créent un environnement particulièrement favorable.

La Thaïlande souhaite profiter pleinement de cette dynamique.

Jusqu’à présent, les grandes escales régionales étaient largement dominées par des ports comme Singapour, Hong Kong ou Port Klang en Malaisie. Ces infrastructures modernes permettent aux plus grands paquebots du monde d’accueillir plusieurs milliers de passagers dans des conditions optimales.

Koh Samui ambitionne désormais de rejoindre ce cercle restreint.

L’île dispose déjà d’un avantage majeur : sa notoriété internationale. Grâce à ses plages, ses hôtels haut de gamme, sa gastronomie et ses paysages tropicaux, elle figure depuis plusieurs années parmi les destinations préférées des voyageurs européens et australiens.

Le nouveau terminal doit permettre de transformer cette attractivité touristique en véritable avantage concurrentiel sur le marché mondial des croisières.

Un levier majeur pour l’économie locale

Au-delà des seules recettes portuaires, l’arrivée d’un terminal international constitue un puissant moteur de développement territorial.

Chaque escale génère des dépenses dans de nombreux secteurs :

  • hôtellerie ;
  • restauration ;
  • transports terrestres ;
  • excursions ;
  • commerce de détail ;
  • artisanat local ;
  • activités culturelles ;
  • services touristiques.

Les compagnies de croisière travaillent en effet avec un vaste réseau de prestataires locaux : autocaristes, agences de voyages, guides, entreprises de sécurité, fournisseurs alimentaires ou sociétés de maintenance.

Cette activité crée un effet multiplicateur important sur l’économie régionale.

Les autorités thaïlandaises estiment que le projet pourrait générer près de 46 milliards de bahts de valeur économique sur trente ans, soit près de quatre fois le montant de l’investissement initial.

Le taux de rentabilité économique dépasserait 15 %, un niveau particulièrement élevé pour une infrastructure publique de cette nature.

Ces projections reposent sur plusieurs facteurs :

  • hausse du nombre de visiteurs internationaux ;
  • augmentation des dépenses touristiques ;
  • création d’emplois directs et indirects ;
  • développement de nouveaux services autour du terminal ;
  • accroissement des recettes fiscales locales.

Des milliers d’emplois attendus

Comme l’ensemble des grands projets d’infrastructures, le terminal de Koh Samui devrait soutenir l’emploi à plusieurs niveaux.

La phase de construction mobilisera pendant plusieurs années des entreprises du bâtiment, des bureaux d’études, des ingénieurs, des fournisseurs industriels et des sociétés spécialisées dans les travaux maritimes.

Une fois le terminal opérationnel, les besoins resteront importants.

L’exploitation quotidienne nécessitera notamment :

  • des personnels portuaires ;
  • des agents de sûreté ;
  • des équipes de maintenance ;
  • des services douaniers ;
  • des opérateurs logistiques ;
  • des professionnels de l’accueil ;
  • des entreprises de nettoyage ;
  • des prestataires informatiques.

À cela s’ajouteront les emplois créés dans l’économie touristique locale.

L’expérience internationale montre qu’un terminal de croisière performant favorise également l’implantation de nouveaux hôtels, restaurants, centres commerciaux et activités de loisirs.

Une concurrence régionale de plus en plus intense

La décision thaïlandaise intervient dans un contexte de compétition accrue entre les grandes destinations asiatiques.

Singapour continue de renforcer son rôle de hub régional grâce à des infrastructures parmi les plus modernes au monde.

La Malaisie développe également plusieurs terminaux afin d’attirer davantage d’escales internationales.

Le Vietnam investit massivement dans ses ports touristiques pour accompagner l’essor de destinations comme Da Nang, Nha Trang ou la baie d’Ha Long.

L’Indonésie modernise de son côté plusieurs infrastructures afin de soutenir Bali et d’autres destinations insulaires.

Face à cette concurrence, la Thaïlande ne peut plus se contenter de ses seuls atouts naturels.

Les compagnies de croisière sélectionnent leurs itinéraires en fonction de critères très précis :

  • profondeur des quais ;
  • capacité d’accueil ;
  • rapidité des opérations portuaires ;
  • sécurité ;
  • qualité des infrastructures ;
  • proximité des sites touristiques ;
  • efficacité des formalités administratives.

Le futur terminal de Koh Samui vise précisément à répondre à ces exigences.

Un projet structurant pour les investisseurs privés

Le recours au partenariat public-privé constitue également un signal positif envoyé aux investisseurs internationaux.

Depuis plusieurs années, la Thaïlande cherche à attirer davantage de capitaux privés dans le financement de ses infrastructures.

Le modèle retenu permet de partager les risques entre le secteur public et le secteur privé tout en limitant la pression sur les finances de l’État.

Les grands groupes spécialisés dans la gestion portuaire, les infrastructures de transport ou les concessions pourraient ainsi manifester leur intérêt lors du futur appel d’offres.

Pour ces acteurs, plusieurs sources de revenus sont envisageables :

  • droits portuaires ;
  • redevances versées par les compagnies de croisière ;
  • exploitation des commerces du terminal ;
  • parkings ;
  • restauration ;
  • services aux passagers ;
  • logistique portuaire ;
  • prestations techniques.

Cette diversification des revenus améliore généralement la rentabilité des concessions portuaires de long terme.

Une stratégie nationale de montée en gamme touristique

Le projet de Koh Samui illustre également l’évolution de la politique touristique thaïlandaise.

Après plusieurs décennies marquées par une forte croissance des volumes de visiteurs, les autorités privilégient désormais une approche davantage orientée vers la qualité des recettes touristiques.

L’objectif est d’attirer des voyageurs disposant d’un pouvoir d’achat plus élevé, susceptibles de prolonger leur séjour et de consommer davantage de services.

Les croisiéristes répondent largement à ce profil.

Même lorsqu’ils ne passent qu’une journée dans une destination, leurs dépenses en excursions, restauration, shopping ou activités culturelles profitent directement aux économies locales.

Pour Bangkok, le développement des infrastructures de croisière s’inscrit donc dans une stratégie plus globale de diversification du tourisme haut de gamme, aux côtés du tourisme médical, du tourisme de bien-être, du tourisme gastronomique et du segment MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions).

À terme, Koh Samui pourrait devenir bien plus qu’une simple escale : un véritable port d’attache régional, capable d’accueillir des embarquements et débarquements de passagers, renforçant ainsi son rôle dans les itinéraires de croisière en Asie du Sud-Est.

Un projet portuaire qui devra concilier développement économique et protection de l’environnement

Si le futur terminal de croisière de Koh Samui représente une opportunité majeure pour l’économie thaïlandaise, il soulève également plusieurs interrogations sur le plan environnemental. L’île, réputée pour ses plages, ses récifs coralliens et sa biodiversité marine, constitue un patrimoine naturel particulièrement sensible.

La construction d’un terminal capable d’accueillir des paquebots de dernière génération implique des travaux maritimes importants : aménagements côtiers, infrastructures portuaires, dragage éventuel des fonds marins, création de quais et installation d’équipements techniques.

Ces opérations devront respecter les réglementations environnementales thaïlandaises et faire l’objet d’études d’impact approfondies.

Les autorités savent que la réussite du projet dépendra autant de son efficacité économique que de son acceptabilité environnementale.

Dans un contexte où les voyageurs sont de plus en plus sensibles aux enjeux climatiques, la durabilité des infrastructures touristiques devient un facteur de compétitivité.

Le défi de préserver l’attractivité naturelle de Koh Samui

L’économie de Koh Samui repose avant tout sur la qualité de son environnement.

Ses plages de sable blanc, ses eaux turquoise et ses paysages tropicaux constituent les principaux moteurs de son attractivité internationale.

Toute dégradation durable du littoral pourrait avoir des conséquences directes sur l’ensemble du secteur touristique.

Les autorités devront donc trouver un équilibre entre modernisation des infrastructures et préservation des écosystèmes.

Les spécialistes du tourisme rappellent que les destinations qui réussissent le mieux sont souvent celles qui investissent simultanément dans :

  • la gestion des déchets ;
  • la qualité des eaux côtières ;
  • la protection des récifs coralliens ;
  • les mobilités douces ;
  • les transports publics ;
  • la limitation de la pollution sonore ;
  • la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le futur terminal pourrait ainsi intégrer des technologies destinées à réduire son empreinte environnementale.

Parmi les solutions envisageables figurent l’alimentation électrique des navires à quai (shore power), les systèmes de récupération des eaux usées, l’éclairage basse consommation ou encore la gestion intelligente des flux de passagers.

Ces investissements supplémentaires permettraient d’inscrire le projet dans les nouvelles normes internationales du transport maritime.

L’industrie mondiale des croisières accélère sa transition

Le contexte international évolue rapidement.

Sous la pression des réglementations et des attentes des voyageurs, les grandes compagnies de croisière investissent massivement dans la décarbonation de leurs flottes.

Les nouveaux navires utilisent progressivement des carburants moins émetteurs, des systèmes de traitement des fumées, des technologies hybrides ou encore des dispositifs permettant de limiter les rejets en mer.

Les ports doivent accompagner cette transformation.

Les infrastructures construites aujourd’hui devront être capables de répondre aux exigences environnementales qui prévaudront dans les décennies à venir.

Pour Koh Samui, il ne s’agit donc pas uniquement de construire un quai supplémentaire, mais de créer un terminal compatible avec les futurs standards internationaux.

Cette approche pourrait renforcer l’attractivité de la destination auprès des armateurs les plus engagés dans leur transition énergétique.

Un projet qui pourrait renforcer l’image internationale de la Thaïlande

Au-delà des retombées économiques immédiates, le futur terminal constitue également un outil de diplomatie économique.

Le tourisme représente depuis longtemps l’un des principaux vecteurs de rayonnement international du royaume.

Chaque nouvelle infrastructure moderne améliore la perception du pays auprès des investisseurs étrangers, des compagnies aériennes, des groupes hôteliers et des opérateurs touristiques.

Le terminal de Koh Samui pourrait ainsi devenir une vitrine du savoir-faire thaïlandais dans le développement d’infrastructures durables.

Cette visibilité est particulièrement importante dans un contexte où les pays d’Asie du Sud-Est rivalisent pour attirer les investissements internationaux.

Des effets attendus bien au-delà de Koh Samui

Les bénéfices du projet ne se limiteront probablement pas à l’île.

L’ensemble de la province de Surat Thani pourrait profiter de l’augmentation des flux touristiques.

Les excursions organisées à destination des parcs nationaux, des îles voisines ou des sites culturels devraient connaître un développement significatif.

Les producteurs locaux pourraient également bénéficier d’un accès facilité à une clientèle internationale.

Les secteurs susceptibles d’en tirer profit sont nombreux :

  • agriculture locale ;
  • pêche artisanale ;
  • artisanat traditionnel ;
  • gastronomie ;
  • transport terrestre ;
  • services maritimes ;
  • immobilier touristique ;
  • commerce de proximité.

L’effet d’entraînement sur l’économie régionale pourrait dépasser largement les seules recettes générées par le terminal.

Un signal fort envoyé aux investisseurs internationaux

La mise en œuvre d’un partenariat public-privé d’une telle ampleur confirme la volonté de Bangkok d’accélérer la modernisation de ses infrastructures sans alourdir excessivement la dette publique.

Cette stratégie est observée avec attention par les investisseurs internationaux.

Les fonds spécialisés dans les infrastructures recherchent précisément ce type d’actifs :

  • concessions de longue durée ;
  • revenus relativement prévisibles ;
  • croissance du trafic ;
  • diversification des sources de revenus ;
  • stabilité réglementaire.

Le futur appel d’offres pourrait ainsi attirer des opérateurs portuaires asiatiques, européens ou du Moyen-Orient disposant déjà d’une solide expérience dans la gestion de terminaux de croisière.

Le projet de Koh Samui pourrait servir de référence pour d’autres partenariats similaires en Thaïlande.

La Thaïlande veut monter en gamme dans le tourisme mondial

Depuis plusieurs années, les autorités thaïlandaises affichent une ambition claire : réduire progressivement leur dépendance au tourisme de masse.

Le nouveau modèle privilégie des visiteurs à plus forte valeur ajoutée, susceptibles de dépenser davantage et de contribuer plus durablement à l’économie locale.

Cette stratégie repose sur plusieurs piliers :

  • amélioration des infrastructures ;
  • montée en gamme de l’offre hôtelière ;
  • développement du tourisme médical ;
  • valorisation du patrimoine culturel ;
  • tourisme gastronomique ;
  • tourisme de bien-être ;
  • développement des marinas et des croisières.

Le terminal de Koh Samui s’inscrit pleinement dans cette évolution.

En attirant des paquebots internationaux transportant plusieurs milliers de passagers, la Thaïlande espère capter une clientèle internationale à fort pouvoir d’achat tout en diversifiant ses marchés émetteurs.

Une décennie décisive pour le tourisme maritime thaïlandais

Si le calendrier est respecté, les premiers navires accosteront à Koh Samui en 2032.

Cette échéance peut sembler lointaine, mais elle correspond aux délais généralement observés pour les grands projets portuaires internationaux.

Les prochaines années seront déterminantes.

Le succès dépendra notamment :

  • de la rapidité des procédures administratives ;
  • de la capacité à attirer des investisseurs privés ;
  • de la maîtrise des coûts de construction ;
  • du respect des engagements environnementaux ;
  • de l’évolution du marché mondial des croisières ;
  • de la stabilité géopolitique régionale.

Les fondamentaux demeurent néanmoins favorables.

Le tourisme international poursuit sa reprise, l’Asie retrouve progressivement sa place dans les itinéraires mondiaux des croisières et la Thaïlande reste l’une des destinations les plus attractives de la région.

Analyse : un pari économique à long terme

Le terminal international de Koh Samui illustre parfaitement la nouvelle stratégie économique thaïlandaise : investir dans des infrastructures structurantes capables de générer des retombées sur plusieurs décennies.

Avec un investissement de 12,17 milliards de bahts, un modèle de financement largement porté par le secteur privé, une concession de trente ans et un potentiel économique estimé à 46 milliards de bahts, le projet présente des caractéristiques susceptibles d’intéresser les investisseurs comme les acteurs du tourisme mondial.

S’il est mené à son terme dans les délais annoncés, il pourrait transformer Koh Samui en l’une des principales portes d’entrée maritimes de l’Asie du Sud-Est, renforcer la compétitivité de la Thaïlande face à ses voisins et soutenir la montée en gamme du tourisme national.

Plus qu’un simple terminal, il s’agit d’un investissement stratégique destiné à accompagner la prochaine phase de développement économique du royaume, à un moment où les infrastructures, la connectivité internationale et la qualité de l’expérience touristique deviennent les principaux facteurs de différenciation entre les grandes destinations mondiales.

Conclusion éditoriale

Avec ce terminal de croisière de nouvelle génération, la Thaïlande ne cherche pas seulement à accueillir davantage de navires. Elle affirme une ambition plus large : devenir l’un des principaux hubs du tourisme maritime en Asie. Si le calendrier est respecté et que les défis environnementaux sont maîtrisés, Koh Samui pourrait, d’ici à 2032, rejoindre les grandes escales régionales et renforcer durablement le rôle du royaume dans l’économie mondiale des croisières.

FAQ SEO

Pourquoi la Thaïlande construit-elle un terminal de croisière à Koh Samui ?

Le gouvernement souhaite faire de Koh Samui une escale majeure des croisières internationales afin de renforcer l’attractivité touristique du pays, attirer davantage de visiteurs à fort pouvoir d’achat et soutenir la croissance économique régionale.


Quel est le montant du projet ?

Le coût total est estimé à 12,17 milliards de bahts, dont environ 12,02 milliards de bahts financés par le secteur privé dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP).


Quand le terminal sera-t-il opérationnel ?

Selon le calendrier prévisionnel, le terminal devrait entrer en service en 2032, après une approbation gouvernementale attendue en 2027 et un appel d’offres prévu en 2028.


Combien de touristes pourront être accueillis ?

Le futur terminal pourra recevoir entre 200 000 et 400 000 passagers par an, ainsi qu’environ 240 escales de navires de croisière chaque année.


Pourquoi Koh Samui est-elle un site stratégique ?

L’île bénéficie d’une forte notoriété internationale, d’une importante capacité hôtelière et d’une situation géographique idéale dans le golfe de Thaïlande, au cœur des itinéraires de croisière d’Asie du Sud-Est.


Quel sera l’impact économique ?

Les autorités estiment que le projet pourrait générer près de 46 milliards de bahts de retombées économiques sur trente ans, grâce au développement du tourisme, des services, du commerce et des activités portuaires.


Qui financera le projet ?

Le terminal sera construit et exploité par un partenaire privé sélectionné dans le cadre d’un contrat de concession de trente ans. L’État remboursera une partie des investissements liés aux infrastructures sur une période de dix ans.


Quels secteurs profiteront du projet ?

Les principaux bénéficiaires devraient être l’hôtellerie, la restauration, les transports, les excursions touristiques, le commerce, les services portuaires, les entreprises locales et le secteur immobilier.


Quels sont les défis du projet ?

Les principaux enjeux concernent l’obtention des autorisations administratives, la protection de l’environnement, le respect du calendrier de construction, l’attraction d’investisseurs privés et la concurrence des autres ports asiatiques.


Pourquoi le tourisme de croisière est-il stratégique pour la Thaïlande ?

Le tourisme de croisière attire généralement une clientèle internationale à fort pouvoir d’achat et contribue à diversifier les recettes touristiques. Il constitue également un levier de développement économique pour les territoires portuaires.

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