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Le premier projet de ligne à grande vitesse en Thaïlande repoussé à 2030 : analyse et enjeux

La Thaïlande ambitionne depuis plusieurs années de moderniser son réseau ferroviaire et d’améliorer la connectivité entre Bangkok et les régions du Nord-Est du pays. Parmi ces projets, le train à grande vitesse Bangkok–Nakhon Ratchasima, également connu sous le nom de ligne de HSR (High-Speed Rail), occupe une place centrale dans la stratégie nationale de développement des infrastructures. Cependant, ce projet phare, qui devait initialement entrer en service en 2029, connaît désormais un retard important et ne sera opérationnel qu’en 2030, selon les dernières déclarations des responsables de la State Railway of Thailand (SRT).

Retard de la phase 1 : causes principales

Le retard de la phase 1 du projet—qui relie Bangkok à Nakhon Ratchasima sur une distance de 250,77 kilomètres—est principalement dû à deux facteurs majeurs :

  1. Problèmes d’acquisition et d’expropriation de terrains
  2. Complexité de coordination avec le projet de liaison ferroviaire reliant trois aéroports (Don Mueang, Suvarnabhumi et U-Tapao)

L’acquisition des terrains : un obstacle juridique et social

La Thaïlande fait face depuis plusieurs années à des difficultés pour acquérir les terrains nécessaires à ses grands projets d’infrastructure. Les propriétaires fonciers contestent souvent les évaluations et compensations proposées, entraînant des procédures juridiques longues et coûteuses. Dans le cas du train à grande vitesse, certaines zones traversent des zones densément peuplées ou des propriétés privées dont les négociations sont encore en cours.

Ces difficultés d’expropriation ont un impact direct sur le calendrier des travaux, car certaines sections critiques de la ligne ne peuvent pas être commencées avant que les accords fonciers ne soient finalisés.

La complexité des projets superposés

Un autre facteur clé du retard est la coexistence de la ligne Bangkok–Nakhon Ratchasima avec le projet ferroviaire reliant trois aéroports. Certaines sections de la ligne HSR se chevauchent avec le tracé de cette liaison aéroportuaire, ce qui crée des complications juridiques et contractuelles. Les deux projets partagent des structures et des infrastructures, nécessitant une coordination étroite entre plusieurs entreprises et autorités publiques.

Selon Kampol Boonchom, directeur adjoint de la SRT pour les projets spéciaux et l’ingénierie de construction, la section la plus problématique est le Contrat 4-1, reliant Bang Sue à Don Mueang. Ce contrat avait été initialement attribué à Asia Era One, un concessionnaire dirigé par le groupe CP, en raison de la superposition des composants structurels des deux projets. Cependant, depuis 2018, Asia Era One a demandé une renégociation du contrat, et aucune solution n’a encore été trouvée. La SRT attend actuellement les directives du gouvernement pour décider si elle doit poursuivre la construction de manière indépendante.

Une autre section critique, le Contrat 4-5 près de la gare d’Ayutthaya, est également bloquée. Située à proximité du parc historique d’Ayutthaya, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, cette zone nécessite des ajustements de conception pour respecter les normes de préservation du site, ce qui ralentit considérablement les travaux.

Détails techniques de la phase 1

La phase 1 s’étend sur 250,77 kilomètres et comporte plusieurs types d’infrastructures :

  • Voies surélevées dans les zones urbaines pour éviter les embouteillages et intersections routières
  • Sections au niveau du sol dans les zones rurales où la topographie est plus simple
  • Tunnels à travers des zones montagneuses, notamment Muak Lek et Lam Takhong, pour contourner les reliefs accidentés

En novembre 2025, l’avancement global de la phase 1 était évalué à 50 %, malgré la réalisation de plusieurs contrats ou leur proximité d’achèvement. Cependant, comme mentionné, deux sections majeures restent bloquées et représentent les principaux obstacles à la mise en service de la ligne.

Optimisme pour la phase 2

Malgré ces retards, les responsables de la SRT restent confiants quant à la phase 2 du projet, qui reliera Nakhon Ratchasima à Nong Khai, sur une distance de 357 kilomètres. Le tracé de cette section passe principalement par des terrains plats, ce qui devrait réduire les complications techniques et accélérer la construction.

La phase 2 a été approuvée par le cabinet thaïlandais en février 2025, avec un début de travaux prévu à la mi-2026 et une mise en service attendue en 2032. Les leçons tirées de la phase 1, notamment en matière de coordination de projets et de gestion foncière, devraient permettre d’éviter certains des retards rencontrés sur la première section.

Le contexte historique et stratégique du projet

Le projet de train à grande vitesse Bangkok–Nong Khai est issu d’une coopération gouvernementale thaïlando-chinoise. L’initiative a été lancée sous l’administration de Prayut Chan-o-cha, avec des discussions bilatérales entre la Thaïlande et la Chine dès 2014, notamment lors d’entretiens avec le président chinois Xi Jinping.

Cette collaboration a débouché sur un protocole d’accord définissant les responsabilités, les financements et les technologies à utiliser pour la réalisation de la ligne. La Chine apporte notamment son expertise technique et ses technologies de trains à grande vitesse, tandis que la Thaïlande assure le contrôle des aspects fonciers et la coordination avec les autorités locales.

Une fois achevée, la ligne Bangkok–Nong Khai devrait :

  • Réduire considérablement le temps de trajet entre Bangkok et le Nord-Est du pays
  • Favoriser le développement économique régional, notamment autour des grandes villes traversées
  • Renforcer l’intégration de la Thaïlande dans le réseau ferroviaire international Asie du Sud-Est–Chine

Impact économique, social et touristique du train à grande vitesse Thaïlandais

Le projet de train à grande vitesse Bangkok–Nong Khai n’est pas seulement une prouesse d’ingénierie ; il représente également un levier majeur pour l’économie, le tourisme et la connectivité régionale. Si la phase 1 a rencontré des retards, ses retombées potentielles restent considérables pour la Thaïlande, et ce, à plusieurs niveaux.

Une accélération du développement économique régional

La ligne HSR reliera Bangkok au Nord-Est, une région historiquement moins développée que la capitale. En réduisant le temps de trajet de manière significative—les estimations prévoient une durée d’environ 1h30 à 2h pour Bangkok–Nakhon Ratchasima contre près de 4h avec les trains classiques—le projet facilitera la mobilité des travailleurs et des entreprises.

  • Stimulation des investissements : Les villes desservies par le train seront plus attractives pour les investisseurs locaux et étrangers, en particulier dans les secteurs du commerce, de la logistique et de l’industrie légère.
  • Développement des zones périurbaines : Les gares HSR deviennent souvent des pôles d’urbanisation, avec des zones commerciales et résidentielles autour des stations.
  • Réduction de la congestion à Bangkok : En offrant une alternative rapide au transport routier, le train à grande vitesse contribuera à diminuer les embouteillages dans la capitale, améliorant la productivité globale.

Une opportunité pour le tourisme

Le tourisme interne devrait également bénéficier du projet. Nakhon Ratchasima, connue pour ses parcs nationaux et ses sites historiques, ainsi que Nong Khai, ville frontalière avec le Laos et porte d’accès au Mékong, pourront attirer davantage de visiteurs grâce à la rapidité et au confort du HSR.

  • Le parc historique d’Ayutthaya, site UNESCO, bien que source de contraintes pour la construction, profitera indirectement d’un flux touristique mieux géré.
  • Les circuits touristiques combinant culture, nature et gastronomie seront plus faciles à promouvoir, grâce à une accessibilité améliorée depuis Bangkok.

Implications sociales et qualité de vie

La mise en service du train à grande vitesse aura également un impact social positif :

  • Mobilité accrue pour les étudiants et les travailleurs : La ligne permettra des déplacements quotidiens entre les villes et Bangkok, offrant plus de flexibilité pour l’éducation et l’emploi.
  • Création d’emplois locaux : La construction et la maintenance de la ligne génèrent des milliers d’emplois dans la construction, l’ingénierie, la sécurité et le transport.
  • Réduction des accidents routiers : En déplaçant une partie du trafic long-courrier du réseau routier vers le rail, le HSR peut contribuer à diminuer le nombre d’accidents graves sur les routes thaïlandaises.

Défis techniques et environnementaux

Si la Thaïlande entend tirer profit de ce projet, elle doit relever plusieurs défis techniques et environnementaux. La phase 1 a déjà démontré la complexité de construire un train à grande vitesse sur des terrains variés, comprenant zones urbaines, montagnes et zones protégées.

Les sections complexes : montagnes et zones protégées

Certaines sections de la ligne traversent des zones montagneuses comme Muak Lek et Lam Takhong, nécessitant la construction de tunnels et de viaducs sophistiqués. Ces zones posent plusieurs problèmes :

  • Difficultés géotechniques : les tunnels doivent être sécurisés pour éviter les glissements de terrain et les infiltrations d’eau.
  • Coûts élevés : la construction de tunnels et de ponts représente une part importante du budget global du projet.
  • Respect de l’environnement : il faut minimiser l’impact sur la faune et la flore locales.

La proximité de sites historiques, comme le parc d’Ayutthaya, impose également des contraintes patrimoniales strictes. Chaque modification du tracé ou des structures doit être validée par l’UNESCO, ce qui ralentit parfois les travaux mais garantit la préservation du patrimoine culturel.

Coordination avec d’autres projets ferroviaires

La cohabitation avec la liaison ferroviaire des trois aéroports ajoute un niveau supplémentaire de complexité. Les deux projets partagent des infrastructures, ce qui implique :

  • Une planification minutieuse des calendriers de construction
  • Des négociations contractuelles entre différents concessionnaires
  • La nécessité de directives gouvernementales claires pour éviter les conflits d’intérêt

Cette complexité a été au cœur des retards de la phase 1, mais elle permet également à la Thaïlande de tirer des leçons précieuses pour la phase 2, plus simple à exécuter sur des terrains plats.


Les perspectives à long terme et la stratégie régionale

Le projet HSR s’inscrit dans la stratégie thaïlandaise de connectivité régionale. Une fois la ligne Bangkok–Nong Khai achevée, elle facilitera non seulement les déplacements internes, mais renforcera également la position de la Thaïlande dans les corridors économiques de l’ASEAN et de la Chine.

Connexion au Laos et à la Chine

Nong Khai est située à la frontière avec le Laos. La ligne HSR pourrait servir de point de départ pour un futur réseau transfrontalier, reliant le Nord-Est de la Thaïlande au Laos et, par extension, à la Chine. Cette initiative est cohérente avec les ambitions chinoises du projet Belt and Road Initiative (BRI) et permet à la Thaïlande de devenir un carrefour stratégique pour le commerce et le tourisme dans la région.

Modernisation du réseau ferroviaire thaïlandais

Le HSR marque également le début d’une modernisation plus large du réseau ferroviaire thaïlandais. Les technologies et standards internationaux utilisés dans ce projet permettront :

  • L’amélioration de la sécurité et de la ponctualité des trains
  • Le développement de nouvelles lignes à grande vitesse dans d’autres régions du pays
  • L’adoption de normes d’ingénierie plus avancées, favorisant les futurs projets publics et privés

Conclusion : un projet stratégique malgré les retards

Bien que la phase 1 du train à grande vitesse Bangkok–Nakhon Ratchasima ait été retardée à 2030, le projet reste un pilier stratégique pour le développement économique, social et touristique de la Thaïlande.

Les retards liés aux expropriations de terrains, aux contraintes environnementales et à la coordination avec d’autres projets ferroviaires sont significatifs, mais ils fournissent également des enseignements précieux pour la phase 2, dont la construction devrait être plus fluide et rapide.

Le projet HSR Thaïlandais constitue :

  • Une solution innovante pour réduire les temps de trajet entre Bangkok et le Nord-Est
  • Un moteur de développement régional et urbain
  • Une vitrine de la coopération Thaïlande–Chine en matière d’infrastructures de transport
  • Un outil stratégique pour l’intégration régionale dans le cadre de l’ASEAN et des corridors économiques transfrontaliers

En résumé, le train à grande vitesse Bangkok–Nong Khai illustre parfaitement les défis et les opportunités des grands projets d’infrastructure en Thaïlande, combinant technologie, développement économique et préservation culturelle dans un équilibre complexe mais prometteur.

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