Bangkok Art Biennale 2026 à Venise
une exposition majeure sur l’art contemporain, la mer et les migrations
Du 9 mai au 2 août 2026, Venise accueille “The Spirits of Maritime Crossing 2026”, la nouvelle exposition internationale de la Bangkok Art Biennale (BAB). Installée au Palazzo Rocca Contarini Corfù, cette deuxième édition vénitienne confirme l’ambition de la scène artistique d’Asie du Sud-Est : inscrire durablement ses artistes dans le dialogue mondial de l’art contemporain.
Migration, vulnérabilité environnementale, mémoire culturelle, héritages ancestraux, intelligence artificielle, performances et installations immersives : l’événement s’impose comme l’un des temps forts artistiques de l’année à Venise, en écho aux grandes manifestations internationales qui rythment la cité lagunaire.
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Une nouvelle étape stratégique pour la Bangkok Art Biennale à Venise
Après une première incursion remarquée en 2024 au Palazzo Menghi, la Bangkok Art Biennale (BAB) Foundation revient à Venise avec un projet plus ambitieux, plus vaste et plus structuré. Cette fois, 20 artistes d’Asie du Sud-Est et d’Europe participent à l’exposition, soit le double de l’édition inaugurale.
À la tête de cette initiative, le Prof. Dr. Apinan Poshyananda, directeur général et directeur artistique de la Bangkok Art Biennale Foundation, assume clairement l’enjeu stratégique :
« La première édition a permis de tester la réception du public. Cette deuxième édition s’inscrit dans une démarche de continuité et de présence à long terme. »
L’objectif est limpide : offrir une visibilité internationale pérenne aux artistes d’Asie du Sud-Est, dans une ville qui demeure l’un des centres névralgiques de l’art mondial.
Venise et Bangkok : deux villes façonnées par l’eau
L’exposition prend place au Palazzo Rocca Contarini Corfù, un lieu chargé d’histoire au cœur de Venise. Le choix n’est pas anodin.
Venise et Bangkok partagent une même relation intime avec l’eau. Toutes deux sont construites autour de réseaux fluviaux et maritimes, façonnées par les échanges commerciaux, culturels et humains que permettent les voies navigables. Toutes deux sont aujourd’hui confrontées à des défis climatiques majeurs.
Cette analogie structure toute l’exposition :
- L’eau comme mémoire
- L’eau comme frontière
- L’eau comme passage
- L’eau comme menace écologique
Dans ce contexte, “The Spirits of Maritime Crossing 2026” s’inscrit dans les grands débats contemporains : changement climatique, migrations, montée des eaux, déplacements forcés, transmission des cultures.
Une collaboration académique internationale
Le projet a été développé en partenariat avec l’Ca’ Foscari University of Venice, renforçant sa dimension intellectuelle et interdisciplinaire.
Cette collaboration permet :
- Des échanges universitaires
- Des rencontres avec chercheurs et étudiants
- Des programmes pédagogiques
- Des conférences et débats sur l’art et l’écologie
L’exposition dépasse ainsi le simple cadre muséal pour devenir une plateforme de réflexion globale entre Europe et Asie du Sud-Est.
Les œuvres majeures : art, traumatisme et mémoire maritime
Marina Abramović et la mémoire du tsunami
Parmi les œuvres phares figure Sea Punishing de Marina Abramović.
L’installation fait référence au tsunami de l’océan Indien de 2004, catastrophe qui a profondément marqué l’Asie du Sud-Est. L’œuvre explore :
- Le traumatisme collectif
- Le déplacement des populations
- La mémoire post-catastrophe
- Le rapport au corps et à la mer
La présence d’Abramović, figure majeure de la performance internationale, renforce la portée symbolique de l’exposition et établit un pont direct entre les scènes artistiques européenne et asiatique.
L’eau comme métaphore : films, IA et submersions
Plusieurs artistes abordent l’eau non seulement comme sujet, mais comme langage symbolique.
Martha Atienza : rituels sous-marins
Martha Atienza présente un film tourné sous l’eau, mêlant procession maritime et rituel catholique. L’œuvre interroge :
- La spiritualité côtière
- Les traditions insulaires
- La résilience des communautés maritimes
La mer devient un espace de foi et de mémoire.
Ong Kian Peng : Singapour sous les eaux
L’artiste Ong Kian Peng utilise des images générées par intelligence artificielle pour imaginer Singapour submergée par la montée des océans.
Son travail examine :
- Les futurs écologiques possibles
- Les scénarios d’adaptation urbaine
- L’impact du changement climatique sur les mégapoles
Selon lui, il s’agit d’explorer « des futurs façonnés par la pression écologique et l’adaptation ».
L’IA devient ici un outil prospectif, un miroir des angoisses contemporaines.
Héritage ancestral et transmission culturelle
Un autre axe majeur de l’exposition porte sur la mémoire culturelle et les traditions.
Tcheu Siong : cosmologies hmong brodées
Tcheu Siong intègre des cosmologies hmong dans des œuvres brodées monumentales. Le textile devient archive vivante.
Ses créations explorent :
- Mythologies ancestrales
- Transmission intergénérationnelle
- Identité diasporique
Sornchai Phongsa : rituels môn et peinture contemporaine
Sornchai Phongsa revisite les rituels môn à travers une peinture contemporaine vibrante.
Son travail met en lumière :
- L’identité minoritaire
- La survivance des traditions
- Les tensions entre modernité et héritage
Mémoire post-conflit et détresse environnementale
D’autres artistes approfondissent les thématiques de la mémoire et du traumatisme.
Parmi eux :
- Nadiah Bamadhaj
- Le Hien Minh
- Soe Yu Nwe
- Parada Wiratsawee
Leurs œuvres abordent :
- Les mémoires post-guerre
- Les mythologies locales
- Les traumatismes politiques
- Les urgences écologiques
Migration et imaginaires spatiaux
Torlarp Larpjaroensook : le vaisseau comme métaphore
La série sculpturale Spiritual Spaceship Orbit de Torlarp Larpjaroensook s’inspire de l’histoire migratoire de sa famille, passée de Chine en Thaïlande.
Les sculptures évoquent :
- Des navires imaginaires
- Des véhicules spirituels
- Des symboles d’aspiration
Le vaisseau devient métaphore du déplacement humain et de la quête identitaire.
Art participatif et engagement communautaire
L’exposition intègre également des projets collaboratifs.
Arahmaiani : art et activisme
Le Flag Project de Arahmaiani mobilise des participants autour de créations collectives symboliques.
Son travail relie :
- Art
- Spiritualité
- Engagement social
Yasmin Jaidin : installations de terre
Yasmin Jaidin développe des installations à base de sol, en collaboration avec des institutions académiques.
La terre devient matière politique, écologique et mémorielle.
Inclusion et accessibilité : l’art en langue des signes
L’œuvre Ode to Joy – Thai Sign Language (2024) de Amanda Coogan a été créée avec de jeunes Thaïlandais en situation de handicap auditif.
Cette performance :
- Défend l’accessibilité culturelle
- Met en avant la langue des signes thaïlandaise
- Interroge les notions d’inclusion
Un soutien institutionnel et économique solide
L’exposition bénéficie du soutien de :
- Thai Beverage Public Company Limited
- One Bangkok
- SABECO
- Fraser and Neave
Ce soutien confirme l’importance stratégique de la diplomatie culturelle dans la région.
Performances live et dialogue interculturel
Durant la période d’ouverture, le public pourra assister à :
- Des performances d’opéra
- Des danses traditionnelles
- Des créations vocales contemporaines
Le programme reflète la volonté d’encourager les échanges interculturels et d’explorer les préoccupations écologiques partagées.
Pourquoi cette exposition est stratégique pour Venise et l’Asie du Sud-Est
“The Spirits of Maritime Crossing 2026” dépasse le cadre d’une exposition temporaire.
Elle positionne Venise comme :
- Une plateforme de dialogue Europe–Asie
- Un laboratoire artistique sur la crise climatique
- Un carrefour de réflexion sur la migration
Pour la Bangkok Art Biennale, il s’agit d’une étape décisive dans l’internationalisation de la scène artistique d’Asie du Sud-Est.
Informations pratiques
Exposition : The Spirits of Maritime Crossing 2026
Lieu : Palazzo Rocca Contarini Corfù, Venise
Dates : 9 mai – 2 août 2026
Artistes : 20 artistes d’Asie du Sud-Est et d’Europe
Thématiques : art contemporain, migration, environnement, mémoire culturelle
Conclusion
Avec “The Spirits of Maritime Crossing 2026”, la Bangkok Art Biennale confirme son ambition internationale et son engagement face aux enjeux climatiques et migratoires contemporains.
Entre mémoire, écologie, spiritualité et innovation technologique, l’exposition transforme Venise en espace de dialogue maritime global — un pont artistique entre continents, cultures et générations.


